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Temps de travail. La colère contre le « pointage en bleu »

Depuis quinze jours, les salariés d’Airbus Nantes et Saint-Nazaire se battent contre la hausse des horaires. La direction, inspirée par la loi El Khomri, veut les obliger à pointer matin et soir en bleu de travail.

Nantes, envoyée spéciale. « La loi El Khomri, c’est un feu vert envoyé à nos directions pour casser nos acquis », lance Pascal Busson, secrétaire de la CGT Airbus à Nantes. Hier, 500 de ses camarades et lui sont sortis de l’usine pour dénoncer le projet de leur direction, qui souhaite dorénavant les voir pointer après s’être habillés en bleu de travail. Une mesure qui vise à augmenter le temps de travail des ouvriers de vingt minutes par jour, afin d’« améliorer » leur productivité plutôt que d’embaucher pour absorber la montée en cadence de la production. Une attaque des 35 heures reprise noir sur blanc dans le projet de loi du gouvernement. « Le temps nécessaire aux opérations d’habillage et de déshabillage, lorsque le port d’une tenue de travail est imposé, (…) fait l’objet de contreparties. Ces contreparties sont accordées soit sous forme de repos, soit sous forme financière », peut-on lire dans l’un de ses articles.

Les uns après les autres, les ouvriers témoignent. Car vingt minutes, ça compte, lorsqu’ils embauchent à 4 heures ou qu’ils débauchent à 20 h 45... « Pour moi qui habite à 45 minutes de l’usine, je devrai partir de chez moi vers 3 heures du matin au lieu de 3 h 20, confie Émilie. Vingt minutes de sommeil, ce n’est pas rien quand on se lève à cette heure-là. En équipe du soir, je rentrerai chez moi à 22 heures. Je ne pourrai plus embrasser mes enfants en rentrant le soir. »

Chez Airbus, la direction propose une compensation de 60 euros par mois pour les dix heures de travail supplémentaires. « C’est en brut de base, et pour les ouvriers qui gagnent 2 200 euros », rectifie Rodrigue, une vingtaine d’années et deux ans de boîte. Avec 1 750 euros brut, le jeune ouvrier ne touchera que 36 euros, soit 3,6 euros de l’heure. « C’est clairement du vol et totalement irrespectueux. »

« on va finir casser à 40 ans »

Mais, compétitivité oblige, les salariés doivent passer à la caisse, affirme la direction. « Quand on a un carnet de commandes de 1 100 milliards d’euros, soit la moitié du PIB français, vous pensez vraiment qu’Airbus a un problème de compétitivité ? » argumente Miguel Salles, coordinateur CGT d’Airbus Group. « On nous parle de concurrents, lesquels ? La Chine à qui nous avons vendu des pans entiers de notre industrie et que nous formons ? Nous ne sommes pas en Roumanie, ajoute le syndicaliste. Et même en Roumanie, après plusieurs grèves, les ouvriers de Dacia ont vu leurs salaires multipliés par trois en quelques années. » L’argument de la direction ne convainc personne ici. « On n’a eu aucun problème à réaliser les 600 avions sans badger en bleu. On arrivera à faire les 650. La direction n’a qu’à embaucher en partageant le temps de travail plutôt que de nous faire travailler plus, argue un des « bleus ». On a augmenté les cadences, accepté de travailler le samedi, les efforts, nous les avons faits. Si on continue on va finir cassés à 40 ans. » Au total, une cinquantaine d’embauches pourraient compenser les 7 000 heures ponctionnées avec le pointage en bleu, note la CGT dans son communiqué. Jérémy est technicien. Sur sa chaîne, malgré l’augmentation de la charge de travail, aucune embauche n’a été effectuée. Les contrôles qualité ont été confiés à la sous-traitance. Si le jeune trentenaire n’est pas directement concerné, il reste inquiet. « Car, demain, après les bleus, la direction peut décider de nous faire badger le midi. »

On « cogne sur les ouvriers »

Olivia s’emporte : « Et pourquoi pas la douche, tant qu’ils y sont ! » La jeune femme n’a pas apprécié de lire dans la presse locale que leur grève était une grève de nantis. « Oui, nous avons de la chance de travailler chez Airbus. Mais il ne faut pas oublier que nous sommes des ouvriers qualifiés, les formations, nous les avons faites pour rentrer ici, réagit-elle. Moi, je veux travailler pour vivre et non pour survivre. Les nantis, ce sont les actionnaires, les patrons. En plus, avec le gouvernement, ils ont tout ce qu’ils veulent et ils réclament encore. » Fabrice, lui aussi, est excédé par ce gouvernement qui « cogne constamment sur les ouvriers. On pensait avoir atteint la limite avec Macron, mais là, c’est un véritable retour en arrière qu’ils nous promettent. Ils vont mettre en pièces nos droits mais aussi nos moyens de défense ». Une analyse partagée par le syndicaliste Pascal Busson : « Tous ces accords, toutes ces lois sociales qui ont été mises en place depuis l’élection de François Hollande ont juste permis aux entreprises de gagner plus d’argent. » Chez Airbus, les actionnaires ont empoché ces dernières années des fortunes. Des dividendes en hausse de 60 % l’an dernier, après + 25 % en 2014, alors que la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée est passée de 17 % en 2010 à 15 % en 2015. À l’issue de la réunion du CHSCT, l’élue CGT Laurence Damet se félicite de la mobilisation, soutenue par le PCF de Loire-Atlantique. À Nantes, aucun syndicat n’a voté le projet de la direction. « Nous avions consultés les ouvriers avant notre mouvement, sur les 1 200 bleus présents à la pause du midi, 950 ont répondu dont 849 oppositions au badgeage en bleu », note la syndicaliste. La bataille ne fait que commencer. Ce mercredi, un comité central d’entreprise aura lieu à Toulouse. La CGT, accompagnée de la CFDT, compte mobiliser les trois sites (Nantes, Toulouse, Saint-Nazaire) pour maintenir la pression.

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Auteur: Communistes d'Aulnay

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